• Vous êtes ici :
  • Actualités

In memoriam - Paul-F. Smets (1937-2019)

Les Archives & Musée de la Littérature viennent de perdre leur Président d’honneur, le baron Paul-F. Smets. Docteur en droit, licencié spécial en Droit international, professeur émérite de l’ULB, membre de l’Académie Royale de Belgique (Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques) : le parcours académique de cet intellectuel authentique et curieux fut, en réalité, bien trop riche pour se voir résumer en quelque mots.

Si sa carrière professionnelle l’a amené à fréquenter, des années durant, le monde de l’industrie chimique et du commerce extérieur, il avait su garder intact son intérêt pour le théâtre, né dans sa jeunesse, et pour la littérature. Aussi parlait-il avec passion d’Albert Camus, dont il était un éminent spécialiste, mais également d’Émile Verhaeren, de Stefan Zweig ou de son ami de longue date, Pierre Mertens, en qui il admirait un grand humaniste ayant le sens de la formule. Ces derniers mois, il caressait un nouveau projet, à propos de Zweig et de Verhaeren précisément : "J’ai déjà écrit près de 500 pages", me disait-il encore avec fierté tout récemment.

Car Paul Smets possédait, sans conteste, un vrai talent de conteur, doublé de la minutie du chercheur. En témoignent notamment les oeuvres qu’il a consacrées, dans les années 2010, aux figures emblématiques d’une Belgique à laquelle il était ardemment attaché : la banque et la famille Lambert, et Paul Hymans, ce libéral de gauche.

Depuis plusieurs années, il accompagnait la vie des Archives & Musée de la Littérature de sa présence active et bienveillante, comme Administrateur, puis comme Président et enfin comme Président d’honneur. Sa silhouette élégante et sa voix profonde étaient bien vite devenues familières de toutes les manifestations de l’Institution. En véritable humaniste engagé et soucieux d’éthique, Paul Smets avait également su associer les exigences de sa fonction de président à une proximité chaleureuse et un attachement sincère pour l’équipe des AML.

Mon cher Paul, tu nous manques déjà.


Laurence Boudart