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[Lettre à] Franz Hellens
Christian DOTREMONT
correspondance
ML 02982/0013
4 p. (2 f.) ; 30 cm + enveloppe
Français (version originale)
Lettre aut. s.
Dotremont n’oublie pas le soutien qu’Hellens a donné « contre le « réalisme-socialiste », aujourd’hui disparu et pour Cobra, aujourd’hui célèbre ». Il y a d’ailleurs en ce moment l’exposition « Cobra, dix ans après » à Paris et une exposition semblable se tiendra à Londres. Il lui raconte alors son « très long périple » jusqu’en Laponie norvégienne. « Jamais je n’avais avalé tant d’espace. » Il lui raconte son arrivée à Jokkmokk (en Laponie suédoise), à Ivalo (en Laponie finlandaise) où il a « retrouvé la merveilleuse auberge lapone où j’avais passé la Noël de 1956, et cette fois aussi je me suis presque perdu dans la neige profonde, je m’y suis enfoncé jusqu’au cœur… ». Il parle de la générosité et la gentillesse lapones qui arrivent « sans apprêt ni apparat, timides, presque brutales. » Chez les lapons, « la solidarité est un bien trop précieux pour être gaspillé. » Dotremont arrive ensuite à Karasjok, destination finale de son voyage. Il décrit alors ce village comme un « dessin de livre d’enfants, réel ». Il tente également d’écrire un essai sur la Laponie mais il est « tiraillé entre deux pôles » : « un laisser-aller spontané, rapide, chaud » ou « sec, beau et froid ». Il aimerait d’ailleurs beaucoup publier cet essai chez Gallimard. « Jamais, il me semble, la Laponie n’a été exprimée par un écrivain moderne. » Pour finir, Dotremont décrit ses journées : « je vis dans le rythme lapon, dans une lenteur merveilleuse. » Dans ce petit village, « tout est événement, au fond. » Et comme Dotremont le dit lui-même : « Je me suis installé dans l’exaltation. Une expérience profonde. Des jours et des jours de silence, puis une brusque conversation sur l’été, qui maintenant est arrivé. »